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lundi 23 mars 2020

La communion spirituelle, kézako ?

Pour mieux comprendre ce qu'est la communion spirituelle et comment la vivre en ces temps où nous sommes privés de l'Eucharistie, nous vous proposons deux moyens :
1. Une petite vidéo de trois minute qui nous explique le sens de la communion spirituelle et comment faire : >>>c'est ici<<<
2 . Et pour aller plus loin, une explication du Père Corentin.

Le sens de la communion spirituelle

En cette période de confinement, nous pouvons vivre douloureusement d’être privés des sacrements, et spécialement de celui de l’Eucharistie. Comme “Source et sommet de toute vie chrétienne” (concile Vatican II), il est normal que nous nous sentions assoiffés, et peut être un peu perdus.

I. La complémentarité entre la communion spirituelle et la communion sacramentelle

Cette situation peut ressembler au désert, où l’on peut finir par désespérer de rencontrer le puits que l’on attend.

A cet égard le Psaume 62 est édifiant, il rappelle cette soif de Dieu : “Dieu, tu es mon Dieu, je te cherche dès l'aube : mon âme a soif de toi ; après toi languit ma chair, terre aride, altérée, sans eau” mais aussi comment l’étancher : “Toute ma vie je vais te bénir, lever les mains en invoquant ton nom. Comme par un festin je serai rassasié ; la joie sur les lèvres, je dirai ta louange”. Celui qui a soif de Dieu, commence par louer Dieu, et cette prière de louange le nourrit surabondamment.

Nous voyons-là ce que l’on pourrait appeler la communion spirituelle. Dieu ne s’est pas donné par la médiation d’un sacrement mais est venu visiter le cœur du croyant directement. Autrement dit, si nous sommes confinés, Dieu ne l’est pas, et il continue de dispenser ses grâces.

Ce temps de louange, nous le vivons au début des célébrations, notamment avec le chant d’entrée et le chant du gloria, et pourtant nous y ajoutons ensuite une communion sacramentelle. En d’autres termes, la communion spirituelle vécue par la louange ne serait alors qu’une préparation à la “vraie” communion. Il est exact qu’il faut préparer son cœur avant de recevoir le Corps du Christ. Nous avons peut être un peu sous-estimé cette recherche de la rencontre du Christ avant de l’accueillir sacramentellement. Pourtant ce n’est pas optionnel, s’il n’y a pas véritable communion spirituelle, la communion sacramentelle est très pauvre.

II. La communion spirituelle quand la communion sacramentelle est impossible

Il ne faut pas cependant réduire la communion spirituelle à une simple préparation. Si, en effet pour une cause de force majeure (ex : messe annulée et pas de possibilité d’en avoir une autre, maladie qui nous empêche de nous déplacer , ou encore ce confinement que nous vivons ; nb : on ne peut invoquer la force majeure si par exemple on rate la messe parce que l’on n’a pas préparé son dimanche et qu’à 20h le dimanche on se réveille en se demandant où il y aurait une messe), si donc pour une cause de force majeure on est empêché d’avoir la messe, notre âme peut avoir le profond désir de communier. On parle alors de communion de désir ou communion spirituelle. Cette communion spirituelle peut porter les mêmes fruits que la communion sacramentelle. Elle se vit par un temps prolongé de prière, en revivant les différentes étapes de la messe (temps de louange, préparation pénitentielle, liturgie de la parole, offrande de nos vies, seule la liturgie eucharistique ne peut être vécue, mais l’on peut dire par exemple le Notre Père et encore la prière du centurion “Seigneur je ne suis pas digne de te recevoir mais dis seulement une parole et je serai guéri”).

III. La communion spirituelle dans l’instant

Le psaume 138 peut nous faire progresser encore. Voici un verset, mais tout le psaume serait à commenter : “Tu me scrutes, Seigneur, et tu sais ! Tu sais quand je m'assois, quand je me lève ; de très loin, tu pénètres mes pensées.

Le Christ est présent à nous à chaque instant, rien de ce que nous vivons ne lui est étranger. Aussi, que nous soyons à l’église, au travail ou confinés à la maison, nous pouvons nous unir à lui. En effet, c’est nous qui sommes absents à Dieu, et entrer en communion spirituelle n’est rien d’autre que se rendre présent à Sa présence. Cette communion ne passe pas par le sacrement, elle est directe. La communion eucharistique sert justement à resserrer cette union là, à nous aider à limiter nos moments d’absence. 

Cette communion spirituelle va développer la soif en nous de retrouver la communion sacramentelle, et ce sera avec d’autant plus de joie et de profondeur que nous retrouverons nos célébrations eucharistiques.


P. Corentin Meignié

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