Nous connaissons bien la fête de l’Immaculée Conception, le 8 décembre, cette belle fête mariale au cœur de l’hiver, où nous illuminons nos fenêtres et chantons nos plus beaux cantiques à la Vierge Marie.
Le 25 mars, c’est une fête que nous connaissons un peu
moins. Elle est perdue au milieu du Carême, parfois reportée à cause des fêtes
de Pâques… Pourtant, cette fête de l’Annonciation est magnifique. C’est un peu comme un autre 8 décembre, mais c’est le 8
décembre de Jésus.
Le 8 décembre, nous fêtes les premiers instants de la vie de
Marie, sa conception dans le sein de sa mère, sans péché, déjà rayonnante de la
lumière qu’elle reçoit de Jésus.
Et aujourd’hui, nous célébrons les premiers instants de la
vie humaine de Jésus, son incarnation dans le sein de Marie, les premiers
instants de la vie de Dieu qui prend sa place dans notre humanité.
L’Annonciation, c’est la fête de la venue de Dieu dans notre
chair, la venue de la lumière en personne qui vient visiter nos ombres.
Imaginez. Celui qui a façonné tout l’univers et que les
anges adorent, celui qui m’aime, qui me connait mieux que moi-même parce qu’il
m’a tissé dans le sein de ma mère,
Celui-là, grâce au oui de Marie, vient s’abaisser, s’anéantit,
pour venir se confiner dans l’étroitesse de notre temps et de notre espace,
Le Dieu d’amour vient se confiner en assumant la petitesse
de notre nature, pour devenir un embryon d’homme, sans cesser d’être Dieu !
et le 25 décembre, dans 9 mois tout pile - la nature fait
bien les choses - il naîtra dans la pauvreté de la crèche.
Le Dieu qui est amour désire visiter notre humanité. Et il a
envie de la visiter de l’intérieur.
Pour la rejoindre de l’intérieur et pour l’élever de
l’intérieur !
Qu’est-ce que cela change pour nous aujourd’hui ?
La bonne Nouvelle d’aujourd’hui, c’est que Dieu n’est pas
loin de nous. Il n’habite pas seulement au ciel ni dans les Eglises,
En choisissant de rejoindre notre humanité en Jésus, Dieu
rejoint chacun des hommes et des femmes que nous sommes, de l’intérieur. Il est
familier de notre humanité.
Dieu ne nous demande pas d’être des surhommes pour être
proches de nous, il ne nous demande pas non plus de faire tout le chemin pour
aller vers lui.
C’est lui qui fait le chemin vers nous, là où nous sommes.
C’est lui qui vient nous rejoindre, dans notre temps, dans
notre confinement, comme pour ouvrir une fenêtre à l’intérieur de nous, un
passage, ouvert sur l’amour et la joie éternelle.
C’est ainsi que la vie ordinaire de Marie, dans sa maison à
Nazareth, est devenue une vie extraordinaire.
C’est ainsi que la petite histoire de ce couple, est entrée
dans la grande histoire du monde.
C’est ainsi que chacune de nos vies ordinaires, dans nos
maisons, peut devenir cette histoire d’amour extraordinaire, où nous laissons
Dieu nous aimer tels que nous sommes, avec nos pauvretés,
Et où nous laissons chacun des actes d’amour de notre
laborieux quotidien, devenir le lieu de la communion avec celui qui n’est
qu’Acte d’Amour, le Dieu infini qui nous sauve.
Le 25 mars, c’est un peu comme le 8 décembre de Jésus.
Alors laissons aujourd’hui Jésus, lui qui est la lumière du
monde illuminer non seulement nos fenêtres,
mais toute notre demeure intérieure, par la douceur de son
amour et de sa consolation, afin que remplis de cet amour, nous puissions le
porter autour de nous, dans tous les petits et grands gestes de notre vie
quotidienne.
P. Cassiel
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